mardi 27 février 2007

Riding the storm - Gamède


Encore une fois la preuve que les média britanniques sont moins ouverts à l’international que les média français… Si je ne n’avais pas mon fidèle Internet, je n’aurais pas pu suivre l’avancée du cyclone Gamède, qui est en train de ravager l’ile de la Réunion, un département français dans l’Océan Indien.
L’ile était en alerte rouge jusqu’à dimanche soir, puis est repassée en alerte orange lundi matin lorsque le cyclone a commencé à s’éloigner. Les dégâts sont considérables, toutes les rivières sont en crue et de nombreuses routes sont coupées, effondrées ou emportées dans des glissements de terrain. Le pont de la rivière Saint Etienne qui relie deux des grandes villes du Sud s’est effondré dans le lit de la rivière. Des milliers de foyers sont privés d’électricité ou de téléphone et malgré les interdictions de circuler, des automobilistes ont été emportés par les crues. On pensait que c’était fini mais le cyclone a changé de trajectoire et l’ile, à nouveau menacée, vient tout juste de repasser en alerte rouge.

Je n’ai pas une fascination morbide pour les cyclones, mais une de mes tantes habite à Saint Denis, la plus grosse ville de La Réunion. Elle s’est barricadée chez elle et heureusement a pu appeler régulièrement mes grands parents et ses enfants qui vivent en métropole, mais bien sûr, c’est difficile de ne pas se faire du souci pour elle. C’est dur de se dire qu’on est si peu de choses face à la puissance des éléments…

PS: Photo - Le cirque de Mafate, l'un des 3 cirques de La Réunion. Mafate est le plus inaccessible, tellement clos qu'on ne voit même plus la mer, tellement escarpé et découpé que l'on n'y accède qu'à pied ou en helicoptère. Un paradis pour les randonneurs mais pas pour le facteur, qui met une semaine pour faire sa tournée - à pied - dans une dizaine de petits villages dispersés sur les pans de la montagne!

My two pennies' worth on trains


Vous le savez déjà certainement : vendredi soir, un train Virgin en provenance de Londres et à destination de Glasgow a déraillé dans le comté de Cumbria, limitrophe de l’Ecosse.
Selon la police, le bilan est « quasi miraculeux ». Apres un weekend riche en émotions, il est temps maintenant de comprendre comment ce déraillement a pu arriver. Le train et le conducteur ont été mis hors de cause, le conducteur d’ailleurs salué unanimement pour son courage. Et il semblerait maintenant que ce serait le système d’aiguillage qui n’ait pas fonctionné correctement, malgré des travaux d’entretien menés sur cette voie la semaine précédente. Donc encore une fois, Network Rail, qui est la compagnie responsable de la maintenance et l’entretien du réseau ferroviaire, serait responsable d’un accident mortel.


Au début du mois de février, Blue écrivait deux billets qui comparaient les trains européens et pour moi elle résumait parfaitement bien la situation ! Nous autres français nous plaignons toujours de nos trains mais j’ai vite réalisé ici la chance que nous avons avec la SNCF. Je ne veux pas passer pour une chauviniste finie mais nos trains sont généralement fiables, propres, pas trop chers, à l’heure et sûrs – tout ce que les trains britanniques ne sont pas. Ici, les trains sont de plus en plus bondés, de plus en plus chers, souvent sales et mal entretenus. Et leur réputation d’être toujours en retard est encore souvent fondée, malgré une nette amélioration ces derniers temps.

Mais ce que je trouve le plus inquiétant, c’est que depuis que je vis en Grande Bretagne, il ne se passe pas une année sans un grave accident de train : 2000 Hatfield, 2001 Selby, 2002, Potters Bar, 2003, Pershore-Evesham, 2004, Tebay et Ufton Nervet, 2005, Moy, près d’Inverness, 2006, Copmanthorpe et maintenant 2007, Grayrigg. Evidemment, tous ne sont pas dus à l’incompétence de Network Rail, mais ça n’inspire pas confiance.

En Grande Bretagne, les routes sont saturées et de plus en plus, le gouvernement pénalise les automobilistes et encourage les voyageurs à emprunter les transports en communs pour se déplacer. L’intention est louable, mais encore faudrait-il pouvoir garantir aux voyageurs qu’ils vont arriver à leur destination à l’heure et surtout en un seul morceau…

lundi 26 février 2007

House for an Art Lover

Je doute que cela ait échappé à l’attention de mes fidèles lecteurs et lectrices, mais samedi, nous étions invités à un mariage.

La cérémonie et la réception avaient lieu au même endroit: House for an Art Lover, à Bellahouston Park, l’un des deux grands parcs dans le sud de Glasgow.

House for an Art Lover a été construite d’après un portfolio de plans, dessins et designs de Charles Rennie Mackintosh, l’architecte fétiche de Glasgow, près de 100 ans après que Mackintosh ait finalisé ses designs en 1901. Vous pouvez lire l’histoire complète ici. Je suis une fan des designs de Mackintosh donc je ne suis peut être pas très objective mais j’ai été impressionnée! Le résultat est magnifique, chaque pièce, un chef d’œuvre à part entière… Si vous visitez Glasgow, je vous recommande de faire un détour par House for an Art Lover, et en attendant, vous pouvez toujours suivre la visite virtuelle.

vendredi 23 février 2007

Weddings are an expensive business

Depuis quelques années, chaque hiver, les belles enveloppes tombent dans ma boîte aux lettres, chaque printemps, je me creuse la tête pour trouver la robe qui ira bien, chaque été, nous leur consacrons un, deux, jusqu’à cinq weekends! Cette année, les réservations sont déjà prises pour trois et la saison des mariages commence très tôt puisque comme je l’ai déjà dit hier, nous sommes invités demain à un mariage.

Je suis souvent cynique sur le sujet du mariage, certainement car j’ai été élevée contre l’idée par deux parents qui ont mis fin au leur quand j’étais petite, parce qu’ils s’étaient trop aimés, trop tôt, trop jeunes et mariés trop vite pour qu’on les laisse vivre leur histoire. J’explique. Chez Maman et family, on n’aime pas les mariages, trop pompeux, trop religieux, trop mièvre, trop snob, trop conformiste, trop cher, et puis trop de bonheur comme ca d’un coup, ça ne peut pas durer… Et puis de toute façon, un tiers des mariages se terminent en divorce, alors à quoi ça sert ? J’ai donc souvent critiqué les mariages auxquels j’ai assisté (quelle ingrate, vraiment !). On nous a tellement endoctriné que maintenant, le mariage chez nous, c’est presqu’un crime, une maladie honteuse. Ce n’est qu’une fois à 2000 km du domicile familial que ma sœur et moi nous sommes enfin avouées que l’on regardait les vitrines de robes de mariées. Et promises de garder le secret ! De mes deux seuls cousins qui ont franchi le pas, l’une s’est mariée en cachette à l’autre bout du monde et l’autre en tout petit comité, parents, sœurs et témoins. Parce que la grande fête et la belle robe de mariée, c’est vraiment trop réac’.

Alors au risque d’être brulée vive, j’avais juste envie de dire que plus ça va et plus j’aime les mariages… L’anticipation – quelle robe va-t-elle porter ?, se faire belle pour l’occasion, le Petit Chimiste en costume – tellement rare !, le sourire ému du marié et ses yeux qui brillent quand la mariée fait son entrée, l’émotion partagée, le pur bonheur de nos amis, nos proches, une journée qu’ils n’oublieront jamais … Je deviens soft avec l’âge !

La seule chose dont je me passerais volontiers c’est la question qui revient avec chaque mariage. La vieille grand-tante un peu pompette, les copines d’enfance, toutes mariées bien sûr, le nouveau couple : « alors, et vous, c’est pour quand ? »

Sourires embarrassés. Regards qui balaient le plancher. Joues qui rosissent à vue d’œil. Euh, on sait pas, un jour peut être... Mais pas là, pas tout de suite. Oui, oui, ça fait bien 6 ans qu’on est ensemble, oui, c’est vrai, on vit « à la colle », dans le péché (pardon Mamie), mais alors on est heureux comme ça, on fait de mal à personne vraiment… On finirait presque par se sentir coupable, on a l’impression de décevoir. Alors on essaie de s’excuser, d’expliquer. Mais pourquoi ?

Si j’avais le courage, voila ce que je leur répondrais demain : nous vous laissons vivre votre mariage en paix, et nous sommes heureux pour vous, alors s’il vous plaît, pouvez-vous respecter notre choix et vous réjouir de notre non-mariage qui nous va bien ?

Mais, je vais arborer mon grand sourire poli et leur décerner la seule réponse qui les satisfera avant de changer habilement de sujet - la réponse bien rodée, la même que l’année dernière et qu’il y a 5 ans : « j’allais chercher quelque chose à boire, je vous offre un verre ? »

jeudi 22 février 2007

Hen do


Il y a quelques semaines, au cours d’une soirée un peu arrosée, Jane, la fiancée d’un collègue du Petit Chimiste m’a proposé de me joindre à sa hen do – son enterrement de vie de jeune fille. Dans l’enthousiasme du moment, j’ai accepté. Je me suis réveillée le lendemain matin avec un léger mal de tête et un sérieux sentiment d’appréhension (ou l'inverse?, je ne sais plus).

En France, un enterrement de vie de jeune fille (EVJF) est un rituel chaste, paisible et raffiné, un bon repas au restaurant, un peu de vin, le reste de la soirée sur la piste de danse, couchée pas trop tard. Et sobre. A l’EVJF le plus « explosif » auquel j’ai assisté, le serveur du restaurant avait déposé un baiser sur la bouche de la future mariée. Le reste des filles étaient offusquées … Wild ! La Française est gracieuse, bien élevée, ne se donne pas en spectacle et préférerait se tailler les veines plutôt que d’être ivre en public. La Britannique, en revanche, est provocante, bruyante, suggestive et préférerait se tailler les veines plutôt que de rentrer de sa hen night sobre. Bien sur j’exagère (j'aime les caricatures parfois!). Mais je suis allée à Blackpool, la capitale mondiale de la hen et stag do, un croisement entre Palavas les Flots et Las Vegas, l’antithèse du raffinement. J’ai vu les hordes de gars braillant devant les clubs de strip-tease, les groupes de filles, titubants sur leurs talons aiguilles, dans leur costume de Bunny, nurse ou school girls, complètement pompettes en milieu d’après midi… Ça ne m’avait pas vendu le concept de la hen do !

Je connais bien Jane, mais je ne connaissais pas ses girl friends, je m’attendais donc au pire lorsque je les ai rejoints à Queen Street il y a 3 semaines. J’ai failli rebrousser chemin quand je suis tombée sur un groupe de filles équipées de valises assorties rose fluo, oreilles de lapin et sifflets. J’ai vite repéré la hen (la future mariée), parée de la panoplie traditionnelle : voile, diadème et L plate. Une grande blonde. Ouf. Jane est une midget comme moi avec de longs cheveux couleur ébène.

Finalement, nous avons passé un weekend fantastique à Edinburgh. Logées dans un superbe hôtel, de superbes vues sur le château, un peu de tourisme, de bonnes expériences gastronomiques, un peu de salsa dancing et pour finir, une soirée mémorable a Mad Dogs, qui a fait honneur à son nom !

Je suis réconciliée avec les hen do !
Et le mariage est samedi, et j'ai vraiment hâte ...

mercredi 21 février 2007

Oh, qu'est ce qu'il pique ce hérisson! *

Après quatre longues années de campagne, l’Uist Hedgehog Rescue (UHR) a finalement obtenu gain de cause !

En 2003, Scottish Natural Heritage (SNH) lançait une opération visant à réduire le nombre de hérissons sur l’ile d’Uist, dans les Hébrides. Les hérissons étaient accusés de mettre en danger une population d’oiseaux qui nichent au sol en dévorant leurs œufs.
Uist Hedgehog Rescue, un groupe formé par plusieurs associations de conservation et de protection des animaux, soutenu par de nombreuses célébrités, s’opposait à la tuerie et suggérait de déplacer les hérissons sur le mainland. Leurs opposants maintenaient que les hérissons ne seraient pas capables de survivre s’ils étaient déportés de leur habitat naturel. Chaque printemps, le SNH renouvelait son opération macabre et chaque printemps, l’UHR se mobilisait pour protester contre la tuerie, et déplacer et reloger autant d’hérissons que possible. En mai 2006, le SNH avait tué 658 hérissons et l’UHR en avait sauvé 756. Depuis, une étude menée par le UHR a prouve que les hérissons survivaient et s’adaptaient très bien a leur nouvel habitat. Hier le SNH a finalement voté a l’unanimité de mettre fin au massacre et accepté de déplacer les hérissons.

Peut être je pourrais en adopter un ? Il parait qu’ils sont particulièrement friands de limaces et à en juger par le pillage de mes laitues l’année dernière, un hérisson dans mon jardin serait le plus heureux au monde !

* Chanson du Hérisson d'Emilie Jolie

mardi 20 février 2007

Glasgow Express

Comme Blue doit visiter notre belle ville de Glasgow et que je ne serai malheureusement pas disponible pour lui servir de guide, je me joinds à Pascale avec mes quelques tips pour une visite de Glasgow réussie.
Je sais que c’est un peu l’attrape-touriste typique, mais le Open Top Bus Tour est un très bon moyen de voir «tout» Glasgow quand on n’a pas beaucoup le temps. Le bus part de George Square, en plein centre ville, et fait le tour des principales attractions de Glasgow, entre autres la Cathédrale, Merchant City, Glasgow Green, les berges de la Clyde, le quartier «boho » du West End et de Glasgow University, Kelvingrove Museum et tout ça en à peine plus d’1 heure ! Le ticket est valable 2 jours et on peut monter et descendre autant de fois que l’on veut a chacun des 21 arrêts du circuit. Le tour est assorti d’un commentaire et pour les touristes non anglophones, il y a même une sélection de commentaires en français, allemand, espagnol ou italien ! Que demander de plus ?


Pour un breakfast, brunch ou afternoon tea, je recommande The Willow Tea Rooms dont l'intérieur et le mobilier ont été complètement créés par Charles Rennie Mackintosh, architecte et artiste made in Glasgow. Il y a deux adresses, toutes deux aux centre ville, Buchanan Street (au dessus de Whittards) et Sauchiehall Street. Je préfère la première, un oasis de tranquilité pour échapper aux hordes de saturday shoppers!




Dans le quartier du West End, pour les amateurs de thé, un seul rendez vous: Tchai Ovna, sur Otago Lane. Et pour les amateurs de café, accompagnés d'enfants, un petit nouveau sur la scène: Theo's Cafe. Et enfin, pour les vrais gourmands, un grand choix de pâtisseries chez Patisserie Françoise - la sélection est plus française qu'écossaise, je l'admets, mais c'est un endroit particulier pour moi car j'y ai travaillé pendant mes premiers mois à Glasgow, avant de trouver un "vrai travail".



Pour quelque chose d'un peu plus substantiel, mes deux pubs préférés dans le West End: Oran Mor (en face du Botanical Garden) et son cadre somptueux ou Brel, sur Ashton Lane (rien que la rue vaut le détour) pour ses spécialités et bonnes bières belges.


En ville, je choisirais The Counting House, sur George Square, en face des City Chambers - une ancienne banque, reconvertie en pub, de hauts plafonds. La bière y est pas chère mais on y trouve de la Erdinger on tap et ça c'est suffisamment rare en Ecosse pour y être apprécié!

Et pour finir, comme aucune visite à Glasgow ne peut être complète sans déguster un bon malt, une visite à The Pot Still est incontournable! Un tout petit pub sur Hope Street, spécialisé en whisky, on y trouve des centaines de whiskys différents, le service est fantastique et on y passe toujours une bonne soirée!